Nos problèmes quotidiens : une chance à saisir

Mon regard sur… Nos problèmes quotidiens : une chance à saisir

Lorsque Gitta est venue habiter chez nous, elle nous a dit :

– Cela va être très embêtant pour vous de vivre à mes côtés parce que je suis quelqu’un de tellement ordinaire que, ce que je peux faire, vous le pouvez aussi. Les grandes expériences mystiques, je ne connais pas ! Je suis un gentil ouvrier de Dieu qui fait son travail quotidien du mieux qu’il peut.

Plus tard mon époux, Bernard Montaud, parlait de son chemin en ces termes :

– J’ai changé de vie sans jamais réaliser aucun exploit ! Je ne me suis occupé que de mes toutes petites souffrances quotidiennes, faciles à transformer, plutôt que de m’affronter à mes grands problèmes insurmontables. Et en fin de compte, toute mon existence a changé.

J’ai mis du temps à comprendre ce que cela signifiait. Je les trouvais même « maniaques » tous les deux, dans leur manière de donner une telle importance à de minuscules petits problèmes ordinaires.

Aujourd’hui, je sais qu’il s’agit d’une véritable maturité spirituelle. Car il faut beaucoup d’humilité pour chercher à se transformer dans nos petites souffrances de vaisselle plutôt que dans de gros problèmes de couple. C’est notre petit moi qui veut faire son caïd en se fixant des performances inatteignables qui se solderont par de cuisants échecs.

Si nous pouvions entendre que l’important n’est pas de régler nos problèmes extérieurs, mais de nous transformer intérieurement grâce à eux ! Alors nous aurions tous le simple bon sens de commencer par les plus faciles.

Ils sont une chance à saisir ! La chance de pouvoir vivre l’expérience d’un Meilleur de nous

Un jour – à une époque où je fumais encore – je posai à mon Ange une grande question existentielle sur ma difficulté à déguster la vie. Sa réponse fut immédiate : il me montra comment, à l’instant même, je fumais mon cigare : sans le déguster… Et je me suis rencontrée en Vérité, dans ma façon si particulière d’éviter de me laisser prendre par le plaisir.

J’étais quand même étonnée :  mon Ange s’intéressait à ma manière de fumer ! Jusqu’à en faire un lieu de pratique ! Une invitation à un rendez-vous quotidien avec lui ?

 Quel voyage ! Ce simple petit cigare m’a appris à rejoindre le plaisir dont j’avais peur !…

Alors mes yeux se sont ouverts sur mes autres plaisirs gaspillés : ce repas avec des amis… mes moments de loisirs consommés à la va-vite… mes siestes minutées… Et là aussi, j’ai appris à re-choisir le plaisir… jusqu’à devenir une vraie gourmande de bons moments !

Alors, un jour mes yeux furent prêts à s’ouvrir sur le lieu du plaisir par excellence : ma sexualité… terrain si délicat où là aussi ma peur me freinait. J’ai remercié pour tous ces petits « entraînements » précédents qui m’ont permis de faire reculer les limites de ma jouissance.

Quoi de plus normal qu’aujourd’hui je ne cesse d’inventer des outils pour apprendre à celles et ceux qui ont une misère comparable à la mienne la route vers leur propre plaisir. 

J’ai compris bien plus tard cette pédagogie céleste qui m’avait fait commencer par de tout petits problèmes ; et combien il m’avait été plus facile de sourire d’une simple bouffée de cigare aspirée à toute vitesse, plutôt que de toute une vie sans plaisirs gaspillée à toute vitesse.

Apprenons à nous regarder et à nous aimer dans nos toutes petites difficultés de vie ; alors en les transformant pas à pas, nous goûterons à cette autre Nature de nous-même et nous aurons soif de la rejoindre. Et nous connaîtrons la route qui conduit à elle, même pour des situations plus difficiles.

Osons l’humilité de nous pencher sur nos petits désagréments plutôt que de succomber à la prétention de régler nos grands drames…

Cherchons, dans notre petit bobo du jour, le dépassement possible attendu de nous.

Et nous nous sentirons vivants comme jamais !

Peux-tu saisir dans ton coeur ce que signifie

ce petit Nouveau qui se trouve en toi ?

Il est capable de changer tout. Tout.

Il va apparaître partout, en tout.

Il ôtera le goût de l’ancien.

LE PETIT NOUVEAU :

LE GRAIN DU ROYAUME DE DIEU EN TOI.

       Dialogues avec l’ange – Entretien 14 avec Lili

 Belle route !



Extrait du livre « Dialoguer avec son ange, une voie spirituelle occidentale », chapitre 2, p.45-46

Ce fut un événement particulier qui allait soudain accélérer le cours de nos existences, en nous faisant franchir à Bernard comme à moi l’impossible, au point de devenir printemps, d’abord l’un pour l’autre.

Un jour où nous ramenions Gitta chez elle, après une conférence, nous nous étions arrêtés à Narbonne pour déjeuner. Au cours du repas, Gitta eut un de ses coups de patte de génie qui allait donner une nouvelle direction à la vie de Bernard et par la même occasion à la mienne. « Mon ours, il est l’heure que tu écrives tout ce que tu as vécu, pour que cela te serve et serve à d’autres. Il faut que tu écrives maintenant, non pas pour devenir écrivain, mais pour dialoguer encore plus haut ! Et Patricia sera ta correctrice, pour que vous grandissiez ensemble. »

Oh, mon Dieu, j’ai vu Bernard vaciller sous le choc ! Car pour l’ancien estropié de l’orthographe qu’il était, l’ancienne risée de la classe à chaque dictée, c’était vraiment l’impossible qui lui était demandé. Il ne pouvait pas entendre la chance qui lui était offerte. Gitta avait mis le couteau dans sa plaie, en plein milieu, en lui demandant une immense dictée de deux cents pages en forme de livre. En lui demandant d’être printemps et non plus fleur, un point c’est tout ! Alors il partit se réfugier aux toilettes, pour prendre un peu de distance avec sa colère et son égarement intérieurs. Et quand il revint s’asseoir, il lui promit d’essayer malgré l’horrible douleur que cela soulevait en lui.

Et moi, en devenant sa correctrice dans cette histoire, n’allais-je pas devoir prendre une place que j’avais toujours refusée jusque-là ? Non plus seulement être aidée par lui, mais l’aider désormais à mon tour. Et passer moi aussi de la femme pertinente à la femme inspirée ! Là résidait mon impossible… là résidait aussi la femme printemps capable de faire éclore même son mari.

Ainsi naquit César l’éclaireur, le premier livre de Bernard, qui devint pour notre couple une occasion de dialoguer sans cesse, tant il fallait que le personnage central de cet ouvrage utilise nos propres dialogues pour parler, penser et vivre. Ah ! quelle ruse, cet ouvrage, nous obligeant à dépasser nos histoires, à nous dépasser tous les deux, jusque dans notre couple. Quelle ruse, permettant à deux petits enfants de croire enfin à leur grandeur possible !